La loi Maria da Penha


Ces derniers jours, la presse brésilienne a relaté deux faits-divers bouleversants.

Le premier, publié ce matin, raconte comment une femme réfugiée avec ses deux enfants dans un commissariat a révélé aux policiers l’enfer conjugal. Un cauchemar qui a duré près de douze ans.

Le mari de cette dernière, Moizes Cipriano, la battait régulièrement sur le crâne et utilisait des armes artisanales pour la menacer et l’agresser. La famille fut séquestrée durant de longues années. Afin de dissuader l’épouse de prendre la fuite avec les enfants, il avait opté pour une méthode d’intimidation radicale. Un cercueil récupéré dans la décharge d’une entreprise était utilisé pour lui montrer à quoi pouvait ressembler son ultime demeure. En cas de désobéissance, il menaçait de jeter son cadavre dans le cercueil en bois.

Le deuxième cas concerne l’assassinat filmé d’une femme par son ex-mari. La vidéo, diffusée, à une heure de grande écoute, a ému l’opinion, car le meurtrier avait à huit reprises menacé de mort la victime, reçu une interdiction de s’approcher de son ex-épouse et avait par trois fois fait l’objet d’une demande d’emprisonnement par le parquet. Cette chronique d’une mort annoncée a surtout révélé les lacunes d’un système qui a du mal à protéger les personnes vulnérables.

Cela a aussi mis en lumière une loi relativement peu connue à l’étranger : la loi Maria da Penha.

http://www.flickr.com/photos/agecombahia/3907486830/

Cette loi relative à la violence familiale a été promulguée en 2006. Les dispositions légales prévoient la création de tribunaux spéciaux pour juger les violences familiales et domestiques et des mesures de protection et d’assistance immédiates aux femmes.

La loi éponyme rend hommage au courage d’une femme qui a lutté pendant vingt ans pour faire valoir ses droits et ceux des femmes brésiliennes.

Maria da Penha Maia Fernades, pharmacienne, a subi les violences de son mari, Marco Antonio Heredia Viveros, un universitaire colombien, durant six années. En 1983, ce dernier a tenté de la tuer par deux fois, la première avec une arme à feu et la deuxième par électrocution. Elle restera paraplégique.

Neuf années plus tard, l’agresseur sera condamné à huit années de prison. Avec les recours juridiques et les réductions de peine, il en effectuera deux.

Maria da Penha n’en restera pas là. Son combat la poussera à recourir aux instances juridiques régionales.

Seront respectivement saisis le CLADEM (comité latino-américain de défense des droits de la femme) et la Commission Interaméricaine de Droits Humains de l’OEA (Organisation des États Américains) en 2001, qui condamnera le Brésil pour négligence et omission et demandera le versement d’une indemnisation à la victime.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s