Bate Boca


« Ces mots que je n’accepte pas, Monsieur, je veux que vous les avaliez et les digériez de la manière qui vous conviendra ! « 

Le regard noir et le visage défiguré par une rage à peine contenue, le sénateur et ex-Président, Fernando Collor, pèse ses mots. Assis sur le siège en cuir bleu du sénat, il saisit le micro et réplique au sénateur Pedro Simon qui avait cité son nom. Ce dernier, surpris par une telle charge semble pétrifié.

Une ligne de fracture divise deux clans. Ceux qui serrent les coudes pour défendre le président du Sénat, José Sarney, impliqué dans divers scandales, et d’autres sénateurs unis pour réclamer son départ, non sans arrières-pensées.

Certains adversaires, voire ennemis jurés d’hier, se retrouvent à parler d’une même voix pour protéger un courant incarné par Sarney.

On aiguise les phrases comme des couteaux avant d’aller dans l’arène. L’échange qui suit est assez emblématique :

Rénan Calheiros –  » Une minorité avec un complexe de majorité ! »

Tasso Jereissati –  » Sénateur Renan, ne pointez pas ce doigt sale dans ma direction ! »

Rénan Calheiros –  » Le doigt sale appartient malheureusement à votre excellence. Le doigt des jets que le Sénat à payé »

Tasso Jereissati –  » Au moins il a été avec mon argent. Ce jet est à moi. Et non pas celui que vous utilisez pour vos promenades ou celui de vos contractants. Bandit de troisième catégorie !

Rénan Calheiros – » Colonel de merde »

Bataille rangée au Sénat sur fond de scandales de corruption, de trafic d’influence, de népotisme et de tous les travers dont souffre la démocratie brésilienne.

Les phrases assassines se succèdent sous l’oeil ahuri des citoyens brésiliens.

Si les turpitudes des sénateurs éclatent au grand jour, c’est peut-être parce que les choses bougent au royaume du Danemark.

La déliquescence du système n’est pas nouvelle, elle se poursuit, mais cette fois dans la transparence. Jusqu’à un certain point !

Et nous y sommes arrivés, pour le plus grand bien du Brésil. L’assainissement de certaines pratiques va certainement commencer dans les mois à venir.

Suis-je trop confiant ? L’avenir nous le dira.

Sources : O Globo

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