Socialites


http://www.flickr.com/photos/benwald/3240944204/
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La rubrique socialite est une institution. Elle voisine souvent avec la plus sordide des pages.

On passe sans transition de l’abominable au superficiel.

Du fait-divers à la dernière sauterie, le pas est allègrement franchi. Comme un couple improbable, le morbide et le mondain se tiennent la main dans les pages centrales des quotidiens. Pas de cordon sanitaire ni de distance minimum entre les deux.

Non rassurez-vous, la presse capixaba n’est pas un cas isolé, en France on l’appelle page people. Je ne sais pas si c’est un dédain aristocratique pour les mondanités roturières ou un anglicisme à la mode. Reste que le silicone est plus attractif que le diadème d’une princesse déchue. Une confirmation de cette tendance, Voici se vend bien mieux que Point de vue.

Au Brésil, cette pagination de la presse locale reflète bien une réalité sociale, la détresse côtoie le strass.

Les deux mondes se croisent, se regardent et quelques fois s’entrechoquent dans les coins de rues.

Un flanelinha gardera contre paiement votre voiture que vous le voulez ou non, une charrette d’un autre siècle tirée par un homme en haillons passera faire de la récupération sous vos yeux, une femme fouillera avec son enfant la poubelle du restaurant dans lequel vous dînez. Un gamin des rues défoncé au crack titubera au pied de l’immeuble.

Que vous soyez en smoking ou en robe de soirée cela ne vous épargnera pas non plus. Le couperet peut s’abattre en sortant d’une salle des fêtes, ou à un feu rouge. Un braquage, une balle perdue ou un kidnapping flash et votre vie bascule d’une page à l’autre.

Après avoir plongé dans la misère, le trafic de drogue et les balles meurtrières le lecteur se retrouve dans le monde des paillettes, des sourires refaits et des décolletés plongeant sur une montagne de silicone.

Les lectrices avides de potins, les voyeurs et les curieux dont je suis hélas, n’hésitent pas à lire ces pages. Inauguration, mariages, voyages et mêmes stages de la jeunesse dorée sont présentés sous un jour merveilleux.

Cette extraordinaire panoplie du néant est aussi la suprême consécration sociale pour les pimbêches qui rêvent de figurer sur la colonne de celui qui fait et défait les réputations. Les pages mondaines ont un spécialiste qui décrète ce qui est in et out.

Certains visages reviennent souvent, le monde est petit à Vitoria, on laisse entendre que des familles fortunées ou influentes paient pour y voir leur bouille ou pour y faire de l’autopromotion. Bien entendu ce ne sont que des rumeurs.

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